Michel Petrucciani : un maestro du piano héros du jazz français
Le style de Petrucciani est souvent comparé à celui de Bill Evans et Keith Jarrett pour son lyrisme, et à Oscar Peterson pour sa virtuosité. Son jeu était souvent dramatique, tout en étant libre et ludique au sein de la section rythmique, mettant en avant une articulation forte de la mélodie. Petrucciani pouvait tout jouer, dépassant même la plupart des meilleurs musiciens de son époque. Il exploitait l’ensemble du clavier du piano à queue et, malgré ses petites jambes, utilisait pleinement les pédales de l’instrument, en particulier celle du fortissimo.
« Je ne crois pas aux génies, » disait-il. « Je crois au travail acharné. Depuis que je suis enfant, je savais ce que je voulais faire et j’ai travaillé pour ça. Je ne veux pas intellectualiser ma musique. Ma philosophie est assez simple : trop d’intellectualisation est ennuyeux. Trop de comédie est ennuyeuse. Trop de tout est ennuyeux. Nous devons tous savoir quand nous arrêter. »
Petrucciani était l’un des solistes les plus passionnés et extravertis, et l’énergie dynamique de ses morceaux rapides établissait un lien fascinant avec son public. Son intérêt était principalement centré sur le simple fait de jouer ; il passait peu de temps à reharmoniser ou arranger ses pièces. « Quand je joue, je joue avec mon cœur, ma tête et mon esprit… Je ne joue pas pour l’esprit des gens, mais pour leur cœur. »
Michel Petrucciani était un héros national en France, et ses albums se sont vendus comme des petits pains en Europe. Le président français Jacques Chirac faisait partie des nombreux hommages qui lui ont été rendus, louant sa capacité à « renouveler le jazz, se livrant à son art avec passion, courage et génie musical. » Il l’a qualifié d’« exemple pour tous. »
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